Chapitre I
Ce qu’il signifie
Le chrisme est un monogramme : deux lettres superposées pour représenter un nom. Chi et rhô sont les premières lettres de Christos, traduction grecque de l’hébreu Messiah, « oint ». Montrer le monogramme, c’était proclamer que Jésus est le Christ.
Sous Constantin, il devint aussi un signe de victoire, l’emblème sous lequel l’empereur croyait que Dieu lui avait donné le triomphe.
Chapitre II
D’où il vient
L’auteur chrétien Lactance rapporte que Constantin, avant sa bataille contre son rival Maxence au pont Milvius en 312, reçut en songe l’ordre de marquer le signe céleste sur les boucliers de ses soldats. Eusèbe parle d’une vision dans le ciel, un signe accompagné des mots « Par ce signe, tu vaincras ». Constantin l’emporta, et le chrisme apparut sur ses monnaies et ses étendards.
Aux IVe et Ve siècles, on le sculpta sur des sarcophages, on l’inséra dans des mosaïques et on l’imprima sur des lampes et des bagues dans tout le monde romain.
Chapitre III
Où le voir aujourd’hui
Le chrisme est brodé sur les vêtements des prêtres et les nappes d’autel, sculpté sur les églises et employé dans le graphisme chrétien. La magnifique page du chrisme du Livre de Kells, un évangéliaire irlandais des environs de l’an 800, est l’une des pages les plus célèbres de l’art médiéval.