Chapitre I
Une jarre au pied des falaises
Selon le récit recueilli plus tard par le chercheur James M. Robinson, en décembre 1945, un paysan nommé Muhammad ‘Ali al-Samman creusait pour trouver de la terre fertile au pied des falaises du Jabal al-Tarif, près de la ville de Nag Hammadi. Il mit au jour une grande jarre scellée. Craignant qu’elle ne renferme un mauvais esprit, mais espérant y trouver de l’or, il la brisa et découvrit des livres reliés en cuir. Les livres passèrent entre plusieurs mains et chez plusieurs marchands, et l’histoire de leur parcours comprend une vendetta et des pages qui auraient été brûlées pour allumer le feu.
Avec le temps, les autorités égyptiennes acquirent la plupart des codex pour le Musée copte du Caire. Un codex sortit clandestinement d’Égypte et fut acheté en 1952 pour l’Institut Jung de Zurich, d’où son nom de Codex Jung ; il fut ensuite rendu au Caire. Les troubles politiques et les rivalités savantes retardèrent la publication. Une édition en fac-similé parut entre 1972 et 1977, et en 1977 la première traduction anglaise complète fut publiée sous le titre The Nag Hammadi Library in English.
Les livres furent trouvés à quelques kilomètres des sites des premiers monastères pacômiens, parmi les tout premiers monastères chrétiens communautaires. Cette proximité a nourri l’hypothèse selon laquelle des moines auraient possédé ou caché ces livres.